Carnaval d’Evolène

Les monstres du village ne sont pas nés d’hier.Les origines de cette tradition qu’est le carnaval d’Evolène remontent à des temps ancestraux, aussi loin que les plus anciens du village s’en souviennent.

Les patôyes (peluches) et autres masques ont toujours hantés le village du soir de l’épiphanie au mardi gras. Cette coutume  vient du monde paysan, un rite païen bien avant l’arrivée des dogmes religieux.

Ce fantastique vacarme avait pour but d’éloigner les monstres et démons qui perturbaient le calme du village. De plus, bannir les mauvais esprits assurer une bonne récolte, une famille en bonne santé, de quoi passer une année prospère et enrichissante. Cet héritage n’était donc perpétué que par les Evolénards.

Une autre légende nous dit qu’au 15ème siècle, l’église catholique accusa de sorcellerie une centaine de personnes dans le val d’Hérens et le val d’Anniviers. La spécificité de ces sorciers ? Leur capacité à se transformer en loup pour courir après les moutons, agneaux, et chèvres avait-on prétendu. Leur procès dura un an et conduisit à leur exécution…

Les peluches, anciennement appelées patôyes sont les personnages principaux du carnaval d’Evolène. Elles portent un costume fait de peau de moutons, de renard, de bouc et même parfois de blaireau, le tout non tanné. Elles n’hésiteront pas à faire sentir leur odeur répugnante. Elles portent une cloche de vache qu’elles secouent à l’approche d’une victime. Leur visage est recouvert d’un masque sculpté à la main dans du bois d’arolle et très souvent peint. On les appelle des « visagères ».

Les empaillés sont les personnages les plus impressionnants du carnaval. Ils ne sortent que le dimanche du carnaval, juste après la messe et deviennent les maitres de la grande rue. Enveloppés dans leurs costumes fait de sac de jute remplis d’environ 30 Kg de paille, ils effraient les passants par leur imposante masse et leur démarche particulière. Ils portent également un balai de riz qu’ils n’hésitent pas à tremper dans les gouilles ou les fontaines pour asperger leurs victimes.

J’ai eu la chance de pouvoir suivre ce carnaval et de vous faire partager ce grand et bon moment.